Quand l'avocat de Patrice Alègre contactait les enfants du Magistrat ROCHE

200807270004_zoomDéontologie. L’avocat marseillais empêtré dans une affaire de démarchage de clientèle a sollicité un curieux témoignage pour échapper aux poursuites de l’ordre et de la justice. Mais la conversation était enregistrée…

Le très médiatique Gilbert Collard a-t-il franchi les bornes déontologiques très strictes que se doivent de respecter tous les avocats ? La question embarrasse le barreau de Marseille et le parquet général d’Aix-en-Provence qui viennent d’ouvrir discrètement des investigations à la suite de la plainte d’un particulier choqué par les pratiques professionnelles de l’avocat marseillais exposées dans un article publié dans «La Dépêche du Midi» le 13 décembre dernier (à voir à la suite de cet article)

Le dossier embarrasse le barreau de Marseille et le parquet général.

Dans cet article, Charles -Louis Roche, le fils d’un magistrat de Montpellier décédé dans des conditions qu’il juge suspectes, racontait comment Me Collard l’avait directement contacté pour assurer sa défense dans une affaire de photos licencieuses diffusées sur internet. « Il nous a dit qu’il nous assisterait gratuitement et qu’il se paierait en retour sur la publicité faite autour du dossier », explique, alors, Charles-Louis Roche qui dispose déjà des conseils d’un avocat du barreau d’Angoulême, Me Hoepffner. La démarche de Gilbert Collard lui paraît d’autant plus singulière que le jeune homme et sa sœur font le lien entre la vie dissolue de leur père et l’affaire Alègre… dont Gilbert Collard est déjà l’avocat. Rapprochement stratégique ? Charles -Louis Roche se pose la question, mais accepte le concours « gracieux », lui qui a été accusé par son père décédé d’avoir divulgué sur le net avec la complicité de sa mère, des photos dénudées de la seconde épouse du magistrat, une ex-prostituée. Au mois de janvier, trois jours avant le procès en appel de ce dossier devant la cour de Nîmes, c’est un Gilbert Collard aux abois qui appelle Charles-Louis Roche.

Le démarchage de clients est formellement interdit.

L’avocat marseillais vient, dit-il, de découvrir « l’article scandaleux et mensonger de La Dépêche du Midi » dans un courrier du bâtonnier de Marseille, François Maurel, lui indiquant qu’une procédure disciplinaire est lancée sur la base des faits rapportés dans le journal. Le démarchage de clients étant formellement interdit parle code déontologique, Gilbert Collard a la pression. Et c’est sur tous les tons qu’il tente de convaincre Charles-Louis Roche de revenir sur ses propos. « C’est une manipulation du bâtonnier et des magistrats contre moi pour rendre illégitime votre défense lui explique-t-il en substance au téléphone, vous avez été piégé, et le journaliste qui a fait l’interview est un voyou qui vous a fait dire ce qu’il voulait ». Des arguments que l’avocat voudrait définitifs pour arracher l’envoi d’un fax par son client. Celui-ci préciserait qu’il a sollicité de son propre chef Gilbert Collard. Mais Charles-Louis Roche ne l’entend pas de cette oreille. Il se souvient très bien des conditions dans lesquelles l’avocat est venu à lui, ses propos ont été fidèlement repris dans «La Dépêche du Midi» et il ne voit pas pourquoi il se dédirait. Commence alors une conversation téléphonique sidérante dont nous nous sommes procuré l’enregistrement, au cours de laquelle l’avocat essaye par tous les moyens de convaincre son interlocuteur. Pour prouver même qu’il a bien été payé, Gilbert Collard explique à son client que des honoraires d’un montant de 1468, 50 € lui ont été versés… en liquide. Un versement que Charles-Louis Roche n’a jamais effectué. La situation est ubuesque. À court d’argument l’avocat supplie finalement son client de lui envoyer le fameux fax qui le dédouanerait en jurant : « Cela restera entre nous et je vous assure que je ne poursuivrai pas le journaliste ».

Un fax va bien lui parvenir le jour même le 24 janvier, mais pas dans la tonalité voulue. Charles-Louis- Roche lui indique simplement qu’il « le décharge de la défense de ses intérêts ».

Me Collard ne sait pas, à ce moment, qu’il est enregistré…

La réponse de Gilbert Collard est savoureuse. L’avocat dans un courrier daté du 26 janvier fait mine de reprendre la main : « Votre fax vous laisse l’avantage de me décharger de votre affaire mais il ne fait que prendre acte de ce que je vous avais dit, à savoir que je ne voulais plus m’occuper de vous compte tenu de votre attitude et votre volonté de mêler l’affaire Alègre au contentieux qui vous oppose à votre père ». Et d’en profiter pour demander (mollement) un rappel d’honoraires impayés. De quoi donner le change. La parade est habile mais Gilbert Collard ne sait pas, à ce moment, qu’il a été enregistré… L’avocat, que nous avons tenté de joindre à plusieurs reprises pour avoir ses explications, a répondu une fois sur son téléphone portable en nous demandant de le rappeler sur son téléphone fixe. En vain. Il n’a visiblement pas souhaité répondre à nos questions malgré des relances par SMS et des messages laissés auprès de son secrétariat.


Extraits de la conversation téléphonique

Voici des extraits de la conversation téléphonique enregistrée par Charles-Louis Roche le mardi 24 janvier à 14 h 30.

Gilbert Collard : J’ai le sentiment que tout est fait pour me déstabiliser à l’approche de l’audience et pour amoindrir votre défense. Je reçois du bâtonnier une lettre émanant du Parquet général. (Il lit)« Monsieur le Bâtonnier : j’ai l’honneur de vous faire parvenir la copie d’un article de presse paru dans le quotidien « La Dépêche du Midi » du 13 décembre 2005, relative à certaines pratiques professionnelles de Me Collard. Je vous serais très obligé de bien vouloir faire recueillir les observations de votre confrère de me les faire parvenir accompagnées de votre avis sur la suite qu’il convient de donner à cette affaire ». Alors, l’article, c’est celui que vous avez accordé à un voyou, qui s’appelle Souillés.Alors, les questions qui se posent sont les suivantes (…) Est-ce que je vous ai démarché ?

Charles-Louis Roche : Alors, maître, je vais vous répondre en mon âme et conscience. Bon, je ne sais pas ce que vous placez sous le terme de démarchage.

Collard : Mais est-ce que je vous ai appelé pour vous dire : Monsieur, votre affaire m’intéresse ?

(…) Roche : Eh bien oui, pour autant que je me rappelle. D’ailleurs j’étais encore étudiant à Toulouse(…) Je vous ai accueilli comme le Messie.

Collard : Mais c’est vous qui m’aviez appelé, Monsieur Roche, rappelez-vous. Vous l’avez fait par l’intermédiaire d’un tiers qui vous a donné mon numéro de téléphone portable (…) Mais je ne me souviens plus du nom du tiers. (…) ça va vous revenir en mémoire, rappelez-vous, rappelez-vous. J’ai été contacté….

Roche : Mais de toute manière est-ce que ça a une quelconque importance, Maître, parce-pour un avocat, démarcher un client, c’est une infraction?

Collard : Oui.

Roche : Pénale?

( …)Collard : Bien sûr, civile et pénale, déontologique et pénale(…) moi en tout cas je suis dans une situation horrible, parce que je vous assure que je ne vous ai pas appelé (…) Je vous le jure sur la tête de mes deux filles, Monsieur Roche. Ce journaliste est un voyou, il le fait exprès. C’est lui qui a monté(…) il l’a fait exprès (…) Et, en plus, ce qu’il dit ce n’est pas vrai, on va vérifier mes honoraires (…) Vous m’avez réglé les honoraires en espèces, rappelez-vous.

Roche : Ecoutez, ça ne me dit rien. Nous n’avons jamais eu de reçu, ni de note d’honoraires, ni quoi que ce soit.

Collard : J’ai les factures au dossier.(…) Ecoutez, Monsieur Roche, il faut vraiment que vous m’aidiez, là, parce que vous m’avez mis dans l’embarras…Ecoutez. Envoyez-moi un fax, hein…

Roche : (…) Eventuellement, qui dirait quoi?

Collard : Maître Collard, je prends connaissance de l’article du 13 décembre , hein, vous m’écoutez là? Les propos rapportés par le journaliste ont été déformés, d’une part, je ne pense pas que vous cherchiez à nous contrôler, sinon vous ne seriez plus notre avocat (… ) d’autre part, j’ai voulu dire, et le journaliste a mal compris, que vous vous étiez mis généreusement à notre disposition compte tenu de la situation. Et vous n’avez en aucun cas fait une démarche auprès de nous.

Roche : Le problème, maître, c’est que je ne sais pas si je peux faire ce fax, hein, parce que sinon je crois que c’est moi qui vais me trouver dans l’embarras, hein(… ) La vérité, bon je suis quand même honnête, bon, ce journaliste n’a pas trahi mes propos. Si vous voulez (…) Ce que je veux que vous sachiez, c’est que mon père est véritablement impliqué dans l’affaire Alègre …

Collard : Monsieur Roche, je vous crois (… )Est-ce qu’on ne peut pas se mettre d’accord sur une rédaction qui me permettrait de sauver la face? (…) Il vous suffirait de faire un courrier qui n’aura qu’un intérêt interne pour que l’affaire s’arrête là.

(…) Roche : Je ne veux pas dédire le journaliste de «La Dépêche».

Collard : Ecoutez, Monsieur, je vous promets que la lettre restera entre nous, et je ne ferai pas de procès au journaliste, et je ne ferai rien au journaliste, vous avez ma parole d’honneur(…)Mais un simple courrier c’est: «Maître Collard, j’ai pris connaissance de l’article de «La Dépêche», (…) j’ai simplement voulu insister sur votre dévouement, votre spontanéité, votre générosité, c’est tout. Ça engage pas ça . Encore, une fois, on peut se mettre d’accord sur les termes du fax, hein (…) Si vous êtes un honnête homme, et je sais que vous en êtes un(… ) ils ont réussi à me mettre dans une situation qui va me valoir une comparution devant le conseil juridique (…) Mais moi, je suis dans une situation dramatique, dramatique, alors que je suis parfaitement honnête et de bonne foi(…) Je vous jure, je vous jure(…) faites un effort de mémoire(…) j’étais à la plage, du côté des Saintes -Marie de la mer, il y avait un vent infernal(…) si vous faites un effort vous allez peut-être retrouver le nom de la personne qui nous a mis en contact…

Auteur: G.-R. Souillès-16/03/2006
Source : http://www.ladepeche.fr/article/2006/03/16/66622-Les-etonnantes-pratiques-de-Maitre-Gilbert-Collard.html

Affaire Alègre. Les étranges confessions d’un magistrat décédé

En 2003, alors que les prostituées témoignent chez les gendarmes, Pierre Roche est mort dans des conditions que ses enfants jugent suspectes.

//

Charles Louis-Roche et sa sœur Diane en sont convaincus. La mort de leur père, Pierre Roche, président de chambre à la cour d’appel de Montpellier, décédé le 22 février 2003 à l’âge de 60 ans, n’a rien de naturelle. Forts des confidences du défunt recueillies avant sa disparition, les deux enfants de ce magistrat à la vie privée très agitée font aujourd’hui le lien entre l’itinéraire de Pierre Roche et l’affaire Alègre qui a éclaté deux mois plus tard. Pour eux, leur père a été victime du réseau dans lequel il assouvissait lui-même ses pulsions sexuelles. Sadomasochisme, tortures voire crimes rituels… Ces accusations mêlant une nouvelle fois, sans preuves formelles, perversions et sociétés secrètes, sont relayées depuis quelques semaines sur le site internet « Les Ogres », hébergeant notamment les prises de position de l’humoriste Dieudonné. Nous avons rencontré Charles-Louis Roche qui se dit « prêt à tout pour faire entendre la vérité ».

La première fois que le nom de votre père est sorti dans les médias, c’était au moment où sa seconde femme est apparue dénudée sur un site internet…

C’était en août 2002 et ces images ont d’abord surgi sur un site anglo-saxon avant d’être reprises en France. Présentées comme les photos pornos de la femme d’un haut magistrat français, elles ont ensuite été publiées dans le magazine Entrevue et France Soir s’est fait l’écho de l’affaire. Tout a dérapé quand mon père nous a accusés avec ma mère, dont il a divorcé depuis 20 ans, d’être à l’origine de ces révélations.

Des accusations qui vous ont valu une condamnation…

Nous avons été jugés en première instance à Mende, en Lozère, dans le ressort judiciaire où exerçait mon père dans des conditions surréalistes et l’appel sera tranché au mois de janvier. Mais nous sommes complètement étrangers à cette manipulation. Pour moi, c’est mon père lui-même qui a instrumentalisé ces photos pour obtenir un divorce à son avantage. Le tout en jouant les vertueux offensés face à sa seconde femme, une ancienne prostituée. Il voulait s’en débarrasser, mais son stratagème s’est retourné contre lui quand les sites internet ont échappé à son contrôle.

Vous prétendez qu’il a reçu des garanties de la chancellerie et de l’ancien Garde des Sceaux Dominique Perben ?

Quand le scandale des photos a éclaté, il a craint pour sa carrière. Il pensait être traduit devant le Conseil supérieur de la magistrature et mis à la retraite. Il était terrorisé. En même temps qu’il nous accusait ma mère et moi, il a fait passer un message dans les milieux très spéciaux qu’il fréquentait. En substance, « si je tombe tout le monde tombera avec moi ». C’est là qu’il a obtenu une garantie écrite de la chancellerie sur son sort. Une lettre du directeur des affaires judiciaires dont nous pouvons prouver l’existence puisqu’il y est fait référence explicitement dans le procès qui m’est fait.

Comment expliquez-vous que ce père qui vous a accusé de le salir vienne se confier à vous et votre sœur quelques semaines avant sa mort ?

Il n’avait pas imaginé que la publicité faite autour de lui déclencherait une grosse inquiétude dans les cercles dont il se réclamait. Il était sous pression et se disait menacé. Entre l’été 2002 et sa disparition en février 2003, il est venu nous voir trois fois à Toulouse. La première fois, je ne l’ai pas reconnu, il était défait méconnaissable. Il nous a fait, à ma sœur et à moi, le récit de ses turpitudes comme s’il voulait se repentir. Il nous a parlé des soirées regroupant des gens d’influence, des pratiques rituelles avec célébrant, des scarifications, des tortures consenties ou pratiquées sur des cobayes, SDF, étrangers sans existences légales. Il avait un énorme sentiment de culpabilité et craignait pour sa vie.

A-t-il été question à ce moment-là de Patrice Alègre ?

Mon père n’a jamais cité le nom de Patrice Alègre mais ceux de personnes fréquentant ces cercles, des amis de la magistrature que ma mère a également côtoyés lors d’invitations à la maison. Des noms prononcés au même moment par les prostituées devant les gendarmes de la cellule Homicides 31. Nous savons qu’une partie de ce qu’ont raconté ces femmes est vraie. Elles ont peut-être exagéré sous la pression mais les pièces du puzzle sont en place. Si l’affaire Alègre a éclaté c’est parce qu’il y a une corrélation avec ce qu’à vécu notre père. L’affaire Alègre est un écho.

Pourquoi dans ces conditions ne pas avoir fait état plus tôt des confessions de votre père quand l’affaire Alègre a rebondi ?

La dernière fois qu’on l’a vu il nous a dit « vous êtes mes petites assurances ». Il nous a fait jurer le silence. Nous avons ensuite appris sa mort par la bande. Nous, ses enfants. Son corps avait été incinéré sans notre permission et puis il y avait la procédure judiciaire contre nous. Aujourd’hui, nous sommes persuadés que notre père a été tué et nous irons jusqu’au bout pour avoir la vérité.

Bizarrement votre avocat, Me Collard est aussi celui de Patrice Alègre ?

Nous avions déjà un avocat Me Hoephner, mais l’an dernier j’ai reçu un coup de fil de Me Collard qui nous a dit qu’il souhaitait nous défendre gratuitement. Nous n’avions de toute façon pas les moyens de nous le payer. Il nous a dit qu’il se paierait sur la publicité faite au dossier. Peut-être pour nous contrôler ? Pour moi, c’est en tout cas la preuve que ces dossiers sont très liés.
Publié le 13/12/2005
Auteur : G. -R. Souillés
Source : http://www.ladepeche.fr/article/2005/12/13/332524-Affaire-Alegre-Les-etranges-confessions-d-un-magistrat-decede.html

Site des enfants ROCHE :  http://www.galeon.com/affaireroche/defensedetaperca/resume.htm

Pour en savoir plus sur l’affaire Allègre: http://pedopitchoun-b.droitfondamental.eu/wordpress/?p=490

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s


%d bloggers like this: