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Patrick Keil

September 22, 2009

KielAlerte aux ripoux au tribunal de Montpellier

vendredi 5 septembre 2008 par Fred Lonah

Qu’à cela ne tienne, une sombre affaire de corruption empoisonne le tribunal de la ville où le soleil ne se couche jamais. Au menu : petits escrocs, juristes machiavéliques et grosses entourloupes. N’en déplaise à Georges Frêche, sa ville de toujours est gangrénée jusqu’au plus haut niveau, on se croirait à Nice…

L’événement n’a fait que quelques brèves dans la presse nationale cet été. Mais la mise en examen cet été d’un substitut du procureur de la république de Montpellier pour « corruption » pourrait bien cacher un scandale de bien plus grande ampleur dans les couloirs du tribunal flambant neuf de la ville.

Résumé des faits : le 12 août dernier le substitut Patrick Keil, ancien juge d’instruction qui avait connu son heure de gloire en 1999 en mettant en examen, à l’insu de son plein gré, le cycliste Richard Virenque dans l’affaire Festina en 1999, est arrêté par le SRPJ de Montpellier.

Les ingrédients d’un bon film noir

Mis en examen et écroué à Toulouse, le substitut Keil est accusé d’avoir touché de l’argent pour essayer d’intervenir dans une enquête touchant l’un de ses amis, un dentiste véreux. Compagnon de soirées très arrosé du magistrat, le docteur Gilles Payen est en effet mouillé jusqu’au cou dans une affaire d’escroquerie à la Sécu portant sur 300 000 euros. Ce qui lui vaut d’être incarcéré début juillet. Le dentiste supporte très mal la détention. Et pour retrouver plus rapidement sa liberté, imagine de proposer un drôle de deal à la justice locale. Le docteur Payen se propose en effet de dénoncer la corruption qui règne au tribunal de Montpellier contre un allègement de ses charges. Le parquet général de la ville fait mine d’accepter la proposition indécente. Aussitôt, le dentiste rédige une petite bafouille racontant par le menu comment, les mois précédents, il avait « dépanné » financièrement le substitut Keil à coup de 100 ou 200 euros à chaque fois. En contrepartie, celui-ci l’avait rencardé sur l’avancement de l’enquête sur l’escroquerie. La lettre du docteur Payen permet aussitôt l’arrestation du substitut. Dépressif, alcoolique et criblé de dettes, le magistrat ne fait aucune difficulté pour avouer et se retrouve derrière les barreaux.

Qui tire les ficelles ?

Seulement voilà : la lettre de dénonciation qui figure au dossier a été grossièrement raturée et tronquée. Y subsiste les faits concernant le substitut Keil dont sa hiérarchie voulait de toute façon se débarrasser . Mais le docteur Payen avait également mis en cause d’autres magistrats de la ville dont lui avait parlé Keil. Très bavard dès qu’il avait un petit coup dans le nez, le substitut ripoux avait affranchi son ami dentiste sur les petits arrangements qui existent au tribunal. Qui a biffé ces révélations supplémentaires ? L’avocat du dentiste qui a porté le pli au parquet général ? Ou les hauts magistrats de la ville, d’accord pour faire plonger une brebis galeuse mais pas forcément pour décimer le tribunal ? L’enigme empoisonne depuis l’atmosphère du tribunal. Et aux dernières nouvelles, la Chancellerie préparerait dès à présent un vaste mouvement de mutation dans la magistrature héraultaise.

 

Un magistrat de Montpellier en prison pour corruption

Ophélie Wallaert (lefigaro.fr) avec Midi Libre et AFP | 22/08/2008 |

Un substitut du procureur aurait divulgué à un de ses amis dentiste des informations concernant une enquête pour escroquerie dont il faisait l’objet.

L’affaire est exceptionnelle : un substitut du procureur de la République de Montpellier est derrière les barreaux de la maison d’arrêt de Seysses, près de Toulouse, depuis le 14 août, a révélé jeudi une source judiciaire, confirmée par son avocat.

Le magistrat est soupçonné d’avoir fourni des informations à un de ses amis, dentiste à Montpellier, concernant une enquête dont ce dernier faisait l’objet, a indiqué l’avocat du magistrat, Me Cyril Malgras, confirmant une information publiée par le quotidien régional Midi Libre. Le magistrat a été mis en examen pour «corruption» et «violation du secret de l’instruction»

L’histoire remonte à plusieurs semaines lorsque les policiers de la brigade financière commencent à s’intéresser de près aux pratiques d’un dentiste de Montpellier. Ils soupçonnent ce praticien de 55 ans d’avoir escroqué la Caisse primaire d’assurance maladie de l’Hérault. L’arnaque reposait sur la facturation d’actes qu’il n’aurait pas réalisés, avec un préjudice pour la CPAM qui se chiffrerait à plusieurs centaines de milliers d’euros.

Arrêté, placé en garde à vue puis en détention, le chirugien-dentiste présumé escroc se met à table et raconte avoir versé à l’un des ses amis, substitut du procureur de Montpellier, une somme d’argent en échange d’informations sur l’enquête le concernant.

«Il ne s’agit pas du scandale du siècle»

Le substitut et le dentiste «s’étaient liés d’amitié», confirme Me Malgras, conseiller du magistrat. «Le dentiste a demandé des informations sur l’enquête dont il était l’objet, mon client les a recherchées et les lui a transmises». L’avocat souligne que son client rencontrait de graves «problèmes familiaux et financiers». Un situation qui l’aurait conduit à «solliciter une aide financière de la part du dentiste», dont le montant versé est encore inconnu.

La garde des Sceaux Rachida Dati «a immédiatement saisi» l’inspection générale des services judiciaires pour engager une enquête administrative, a affirmé le porte-parole du ministère de la Justice, Guillaume Didier. Le Conseil supérieur de la magistrature a aussi été saisi en vue d’une interdiction temporaire d’exercer pour le magistrat concerné. «Il ne s’agit pas d’une sanction administrative, mais d’une mesure de protection de la justice», a affirmé Guillaume Didier.

L’avocat a fait appel du placement en détention provisoire du magistrat, estimant que celui-ci ne se justifiait pas. Interrogé par le Midi Libre l’avocat du substitut souligne encore : «Il ne s’agit pas du scandale du siècle. Ce n’est pas un dossier d’envergure. Et les informations données par mon client n’ont pas menacé l’enquête». L’affaire a été délocalisée au pôle de l’instruction de Paris.

 

Patrick Keil révoqué de la magistrature

AFP | 29/08/2009 | Le Point.fr

 Patrick Keil, substitut du procureur de Montpellier soupçonné de corruption, a été révoqué de la magistrature sans suspension des droits à la retraite, selon un décret publié samedi au Journal officiel. Ce décret, publié samedi au JO, fait suite à une décision de révocation prise le 24 juillet par la garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, qui avait elle-même suivi un avis formulé par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Il stipule que M. Keil, 46 ans, “est radié des cadres de la magistrature à compter du 27 juillet 2009”. Cette révocation n’est cependant pas assortie d’une suspension des droits à pension.

Parallèlement à cette procédure disciplinaire, qui a valu à M. Keil une interdiction temporaire d’exercer depuis la mi-septembre 2008, le magistrat doit répondre sur le plan pénal de soupçons de “corruption passive de magistrat” et de “violation du secret de l’enquête”. Il avait été mis en examen en août 2008 et écroué pendant près de trois mois avant d’être remis en liberté en novembre 2008. Connu pour avoir instruit l’affaire Festina de dopage dans le cyclisme (1998-2000), le magistrat est soupçonné d’avoir fourni des informations à un de ses amis, dentiste à Montpellier, concernant une enquête dont celui-ci faisait l’objet. Ouverte à Montpellier, l’instruction, toujours en cours, a été délocalisée à Paris.

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